Marseille peut-elle remonter la pente ?

Ah Marseille… Ceux qui te connaissent vraiment t’aiment tellement qu’ils finissent parfois par te quitter, las de voir ton potentiel gâché. Et c’est un déchirement pour tous ceux qui se battent pour te rendre gloire et beauté.

C’est un refrain que l’on fredonne depuis maintenant des décennies mais notre ville a tout pour réussir : un cadre naturel unique au monde, un ensoleillement qui fait pâlir d’envie le reste de la France, des quartiers aux allures de village et un emplacement géographique stratégique. Mais nous connaissons la suite de ce refrain : un potentiel gaspillé par des maires successifs qui se sont reposés sur ces atouts naturels et qui n’ont pas réussi à projeter Marseille dans les défis du futur. Par paresse, par manque de vision, par erreurs d’analyse. Parfois aussi par clientélisme, car ici plus qu’ailleurs assurer sa réélection passe trop souvent avant le bien commun. Aujourd’hui, les citoyens comme les élus en payent les pots cassés.

Un réseau de transports catastrophique

réseau-transport-marseilleNous avons tout d’abord un réseau de métro et de tramway catastrophique qui couvre une partie infime de notre vaste territoire, parfois en doublon. Nos quartiers au nord, au sud et à l’est sont abandonnés à un maillage de bus dont la fiabilité et la fréquence de passage laissent à désirer. On a tellement honte qu’on ose à peine montrer la carte de la RTM à nos amis lyonnais quand ils viennent nous rendre visite. La comparaison avec leur réseau TCL est juste trop douloureuse à évoquer.

Conséquence logique : nous avons, selon toutes les études récentes, la ville la plus polluée de France. Alors qu’à Paris ou à Lyon, la majorité des citadins ont fait le choix des modes doux, c’est la voiture qui reste très largement en tête à Marseille. La faute à un territoire très étendu, à une desserte des transports cruellement insuffisante et à une mentalité du « tout voiture » largement entretenue par les élus. A noter que dans une ville comme Marseille où le sentiment d’insécurité (réel ou exagéré) est élevé, la voiture reste un bunker privilégié pour sortir en soirée. Mais la voiture n’est plus la seule coupable. Aujourd’hui, les paquebots représentent 10 à 15% de la pollution de la cité phocéenne. Avec une activité du tourisme en pleine essor, il y a de quoi avoir des sueurs froides…

Un manque de considération pour le vélo

Vieux-Port 177Dans ce contexte très automobile, le vélo est mal aimé et sous-utilisé. Alors que Marseille, avec ses 300 jours de soleil par an, devrait être championne de France du pédalage, les excuses affluent pour expliquer son désintérêt : trop de vent, trop chaud, trop de dénivelés et surtout trop dangereux au milieu de la circulation. Si ce dernier argument est amplement justifié au regard de l’absence quasi totale de vraies pistes cyclables (les bandes non respectées sur la chaussée et les trottoirs ne comptant pas), le potentiel reste à exploiter sur une large partie du territoire avec un centre ville relativement plat en-dehors des hauteurs de la Plaine et un littoral tout à fait praticable. Problème : les stations de vélos en libre service sont concentrées en centre ville et dans une partie de quartiers sud et aucune extension n’est envisagée avant 2021.

Une fuite des Marseillais vers la périphérie

Avec l’ensemble des transports et des stations de vélos recroquevillés sur le centre historique, quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds à Marseille pourrait présumer que tout le monde se bat pour y vivre et que la périphérie est délaissée. Perdu. C’est un modèle de ville à l’américaine qui s’est développé ici. On a laissé le centre se paupériser à force de laxisme : saleté, tags sauvages, dégradations, trottoirs étroits, voitures omniprésentes, stationnement anarchique, nuisance sonores, pollution, façades en mauvaise état, absence de verdure… Les Marseillais, lassés, ont fini par fuir pour aller vivre au calme dans les quartiers périphériques de la ville ou dans les communes alentours.

On a compris, un peu tard, que ces mêmes Marseillais allaient désormais consommer ailleurs qu’à Marseille. Il a donc fallu rebâtir des centres commerciaux beaux et sécurisés pour les faire revenir. Ils ont aujourd’hui le mérite d’exister mais les petits commerces du centre ville luttent pour survivre. Seul un retour massif des classes moyennes dans le centre historique pourrait leur assurer un avenir meilleur. Et il y a de la place ! Beaucoup de logements sont effectivement vacants.

Une destruction de nos espaces verts et de notre patrimoine historique

Square Lévy 3Comme si le tableau n’était pas assez sombre, nos élus ont eu la bonne idée ces dernières années d’en remettre une couche en détruisant un nombre important d’espaces verts et de vestiges antiques, sous l’oeil médusé mais malheureusement souvent un brin passif des Marseillais.

C’est ainsi qu’on a vu les vestiges du port antique laisser place à un projet de centre commercial dans les années 70. Aujourd’hui, il ne reste qu’une partie d’entre eux, peu visible, sur le côté du Centre Bourse, alors qu’on aurait pu avoir un site  historique incroyable dans le prolongement du Vieux-Port. Si Gaston Defferre a fait des erreurs impardonnables, Jean-Claude Gaudin s’attache minutieusement à les répliquer.

Jardin Saint Nicolas 9C’est ainsi qu’on a vu en 2017 les vestiges de la carrière antique de la Corderie être détruits à 90% pour laisser place à un nouvel immeuble de logements dans un quartier déjà saturé par la circulation automobile. Ce crime patrimonial s’inscrit dans une politique plus large de la Ville de Marseille dont la stratégie semble être de réduire la surface des espaces verts ou de les confier au secteur privé pour la triste raison qu’elle estime ne pas avoir les capacités de s’en occuper. Elle transforme alors tout ce qui est vert en béton. Le cynisme les pousse parfois à laisser ces espaces se dégrader pour justifier plus facilement leur revente à un investisseur privé. La plupart du temps, cette méthode fonctionne et permet de contenir la protestation.

  • C’est ainsi qu’on a vu le square Michel Lévy se transformer en parking souterrain avec quelques plantes et quelques jeux réinstallés par-dessus la dalle de béton.
  • C’est ainsi qu’on a vu la place piétonne Amiral Muselier défigurée pour y creuser des bureaux d’avocats, laissant un trou béant.
  • C’est ainsi qu’on a vu l’îlot de verdure Chanterelle, qui avait été abandonné par la municipalité, être vendu pour un projet immobilier.
  • C’est ainsi qu’on a appris que la partie du parc Valmer qui surplombe la mer sur la Corniche serait confiée à un hôtel et donc privatisée.
  • C’est ainsi qu’on a appris que le parc de la Mathilde serait bientôt éventré pour laisser passer une nouvelle autoroute urbaine, le Boulevard Urbain Sud.
  • C’est ainsi que 271 pins l’Alep vont être rasés à Luminy dans le parc des Calanques pour permettre à l’école de commerce Kedge Business School de s’agrandir.
  • Et c’est ainsi que le Funny Zoo du Parc Longchamp doit bientôt laisser place, lui aussi, à un nouveau parking souterrain.

La plupart de ces décisions sont bien évidemment une folie qui hypothèque l’avenir de Marseille. Si ces opérations permettent effectivement de faire rentrer un peu d’argent dans les caisses de la municipalité et de la métropole, la dégradation de notre cadre de vie – et on pourrait parler des écoles, des crèches, des bibliothèques, des musées et des piscines – porte un coup très dur à l’attractivité de la ville. En plus d’être social et écologique, l’enjeu est aussi économique. Les villes comme Nantes et Strasbourg l’ont compris depuis longtemps. Marseille, pas encore.

Des élus locaux en plein doute sur leur stratégie

Les erreurs du passé, même récent, sont donc bien identifiées mais en faire la liste reste un crève-coeur car nos cris d’alerte se perdent pour l’instant dans un vide intersidéral. Quel que soit l’injustice des politiques menées, rien n’atteint nos élus. Ils savent que leur clientèle électorale leur reste fidèle, biberonnée aux parties de lotos et de pétanque, avec en plus l’appui déterminant de nombreux Comités d’Intérêt de Quartier (CIQ) et du syndicat majoritaire FO. Dans ces conditions, pourquoi devraient-ils faire de la politique autrement et pourquoi devrions-nous lutter ?

Mais les temps changent. Si les réseaux sociaux sont une opportunité pour eux, ils sont aussi une mise en danger car les pages citoyennes comme Marseille à la loupe, Vigilance Citoyenne Marseille et Deux yeux sur Marseille se multiplient et scrutent leur action. Le temps de la communication maîtrisée est révolue et le vent de l’opinion peut leur échapper. Ce qui les oblige parfois à intervenir pour s’expliquer. Par ailleurs, la situation politique nationale a montré que le dégagisme était possible. Certains en ont fait la douloureuse expérience localement lors des dernières législatives. Il leur faut donc tout réinventer pour assurer le coup d’après. Car on le sait, l’obsession de tout élu de la République est sa réélection.

Un changement de discours sur l’écologie

Tramway rue de Rome 28Et c’est là que l’espoir renaît. Conscients du risque de soulèvement auquel ils pourraient faire face aux prochaines échéances électorales, un certain nombre d’élus mettent désormais les bouchées doubles pour afficher une volonté de rattraper le temps perdu. Martine Vassal, présidente du département des Bouches du Rhône, martèle que la mère des priorités est le développement des transports en commun et elle ne manque pas une occasion de le rappeler au gouvernement à chacune de ses visites. Sans succès pour l’instant. Elle a aussi regretté récemment, à la surprise de beaucoup de monde, qu’il n’y ait pas de vision suffisamment ambitieuse pour le centre ville. Il faut dire que cette remarque a été lâchée alors qu’un nouveau plan pour apaiser le centre venait d’être dévoilé. Il en dit gros sur le malaise qui parcourt notre classe politique locale, confrontée à des années d’errements en faveur du tout-voiture.

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Renaud Muselier, le nouveau président de la région PACA, s’est quant à lui converti soudainement à l’écologie, promettant une « COP d’avance » pour notre territoire. Il a surpris tous les amoureux du vélo en annonçant sa volonté de financer l’aménagement d’une piste cyclable sur la Corniche Kennedy d’ici 3 ans. Une mesure de bon sens pour la plupart d’entre nous mais qui était jusque là une vue de l’esprit pour les élus de la majorité, attachés aux 4 voies qui servent actuellement de piste de Formule 1.

Les maires de secteur aussi se réveillent. On entend désormais les mots « écologie », « ville apaisée », « piétonnisation », « modes doux », « végétalisation » et « jardins partagés » dans la bouche de Sabine Bernasconi et Lionel Royer-Perreault qui font pour l’instant un travail que je trouve honorable dans leurs secteurs respectifs même si on souhaiterait que les choses aillent plus vite à Noailles et la Capelette notamment.

Des aménagements qui vont transformer Marseille

Cours Lieutaud 9
© AMGraphisme pour Tangram Architectes

De beaux projets d’aménagement sont heureusement imminents et vont changer profondément l’image de notre ville en faisant de la place pour les piétons et en signant le retour du végétal sur des axes très minéraux. Ils prouvent par ailleurs que la direction prise par nos décideurs locaux est celle d’une ville plus apaisée et plus durable.

La Plaine 20C’est le cas du cours Lieutaud et de la rocade du Jarret qui vont cesser d’être des autoroutes urbaines. La circulation va logiquement se reporter sur la rocade L2 (ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour les riverains mais c’est un autre débat). Le quartier de la Plaine va aussi changer de visage à travers un projet d’aménagement ambitieux qui fait la part belle aux piétons. Le cadre de vie des habitants des 1er, 5ème et 6ème arrondissements va pouvoir considérablement s’améliorer. L’atroce rond- point de Castellane doit lui aussi redevenir une superbe place piétonne avec le passage du tramway vers Dromel et on attend la fin de la requalification du Vieux-Port entre la mairie et le Fort Saint-Jean. On pourrait mentionner également la poursuite de la métamorphose du littoral nord avec les projets d’Euroméditerranée qui vont de la Joliette, avec la reconversion du Hangar du J1, jusqu’au Marché aux Puces. On attend aussi avec impatience le réaménagement des Casernes de la Belle de Mai qui conduira à une gigantesque transformation du quartier et à sa reconnexion avec le centre ville.

A l’horizon de 2022, Marseille pourrait donc être méconnaissable pour ceux qui en avaient une image sale et bruyante. Il ne restera alors que quelques axes du centre ville pour parfaire cette métamorphose : cours Puget et la Corderie avec le passage du tramway vers les Catalans, la Corniche avec l’accueil des épreuves de voiles pendant les Jeux Olympiques, le boulevard des Dames pour reconnecter la nouvelle Porte d’Aix (en cours d’aménagement) à la Joliette et le boulevard Baille pour reconnecter Castellane au nouveau Jarret. Ces quelques projets pourrait d’ailleurs constituer une partie du programme d’aménagement de la prochaine mandature.

Accélérer les projets de transport

Impression

Mais tous ces jolis aménagements ne suffiront pas à encourager les Marseillais à se passer de leur voiture : pour cela il faut absolument que les projets de métro et de tramway annoncés puissent se faire sans nouveaux délais supplémentaires avec le soutien financier des collectivités et de l’Etat. D’ici 2030, on attend un tramway nord-sud qui ira de la Viste à la Rouvière, un tramway des Catalans à la Belle de Mai et un métro qui rejoindra Saint-Loup. Tout cela arrive bien trop tard mais c’est tout ce qu’il nous reste pour espérer dans des délais réalistes, en attendant d’aller encore plus loin au nord et à l’est. Une première lueur d’espoir réside cependant dans la mise en place cette année d’un pass métropolitain unique permettant d’emprunter à la fois le réseau de la RTM, les bus Cartreize et les trains régionaux dans toute la métropole. Une révolution qui pourrait changer beaucoup de choses dans l’approche qu’ont les Marseillais et leurs voisins des transports en commun.

Tout changer par petites touches

En attendant, d’autres améliorations, plus modestes mais immédiatement visibles, pourraient permettre de changer durablement l’image de notre ville :

  • l’amélioration de la propreté au-delà du centre ville
  • la réduction du stationnement anarchique
  • le soutien à la pratique du vélo via de nouvelles stations et pistes cyclables
  • la mise en place d’une flotte de bus 100% électriques
  • la végétalisation progressive de nos rues
  • la piétonnisation mensuelle de notre centre ville au-delà de la Canebière
  • la rénovation et la mise en valeur de notre patrimoine historique
  • le ravalement de toutes les façades remarquables
  • la mise en place d’une police de l’urbanisme pour les devantures de magasins
  • la remise en eau de nos fontaines
  • la réparation de tous les lampadaires défaillants
  • la lutte contre les tags sauvages
  • le développement d’un street-art maîtrisé
  • l’entretien renforcé de nos espaces verts
  • l’animation culturelle et festive de nos quartiers

Réformés 4Toutes ces choses sont bien sûr plus faciles à dire qu’à faire : il faut un peu d’argent, de la volonté, de la patience, de la concertation, de la détermination, du professionalisme et un sens certain de l’intérêt collectif. Mais ce sont des choses réalisables dans un temps court. Et on sait désormais que ce qu’on nous disait être impossible ne l’était pas : la propreté a pu être drastiquement améliorée aux abords de la Canebière avec une plus grande fréquence de passage des cantonniers. L’incivisme n’a pas disparu mais il est moins visible car le service rendu est de meilleure qualité. On vient par ailleurs d’apprendre que quatre piscines municipales vont désormais être ouvertes aux Marseillais le dimanche, un service que beaucoup de familles attendaient désespérément depuis longtemps. Avec de la volonté et de l’organisation, on peut visiblement faire bouger les lignes. Alors qu’on ne nous dise plus jamais qu’impossible est marseillais.

La pente sera dure à remonter, on le sait. Mais si nous sommes capables d’identifier les erreurs du passé, de ne pas perdre de temps sur les grands projets structurants et d’aller vite sur les mesures qui permettront d’améliorer rapidement notre cadre de vie, Marseille a un bel avenir devant elle.

Et ceux qui avaient perdu tout espoir pourront revenir nous voir.

Ils verront que c’est ici que ça se passe.

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37 réflexions sur “Marseille peut-elle remonter la pente ?

  1. Sastre Romain

    C’est intéressant de voir un constat précis sur le Marseille d’aujourd’hui et qu’il sera demain.
    Espérons effectivement que certaines mentalités changent pour un quotidien meilleur ici.
    Bravo pour cet article réaliste et qui laisse présager un avenir sympa

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  2. J’ai tellement du mal à y croire. Mais si tous ça abouti cela deviendra tellement bien. Moi qui suis sans voiture je dis Ouiiiii à tous ça ! Même si c’est des projets jusqu’a 2030, on a envie d’y croire. En ésperant que cela se fera et que la « Mairie » n’abandonne pas tous faute d’envie et d’argent.

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  3. De sampigny olivier

    Belle analyse, je suis sans doute moins critique ,appréciant largement le progrès réalisé sur le périmètre vieux port,joliette ,saint Charles et autres sites dispersés sur la ville ,mais objectivement le potentiel d’amelioration Est considérable ,je suis très attaché à notre si belle ville,et suis convaincu que le changement est en cours,pourvu que l’on sache courageusement aller de l’avant et notamment en informant,concertant,corrigeant l’indicipline.VIVE MARSEILLE de toujours et de demain

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  4. Olivier Poncet

    Merci beaucoup d’avoir pris le temps d’écrire tout cela, c’est très intéressant. Espérons que les élus oeuvrent rapidement pour la ville plutôt que pour leur carrière. Aujourd’hui, Marseille fait vraiment honte mais je garde encore un semblant d’espoir, notamment suite à la lecture de ton article.

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    1. Beaucoup de nos élus actuels sont enfermés dans leur vieux logiciel et on n’obtiendra pas grand chose d’eux… Mais qui sait, certains semblent prendre conscience de leur bilan catastrophique en terme de transports, environnement, services publics, etc.

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  5. Très bel article Mathieu. On ne saurait assez te remercier (ainsi que tes « collègues » cités) de nous aider à y voir constamment plus clair dans ce fourmillement de projets et de déclarations parfois contradictoires. Je pense que tu as également la bonne approche : ne pas se masquer les difficultés mais regarder aussi le positif et rester confiants parce que même si ça avance lentement, ça avance quand même. Le dénigrement et le « no future » permanents n’ont jamais fait évoluer quelque situation que ce soit, et j’espère que là aussi les mentalités vont évoluer.

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  6. Article intéressant et je dois reconnaitre le manque de verdure à Marseille, seulement un bémol sur le projet de KEDGE à Luminy, Les arbres abattus vont être replantés et le projet prévoit une compensation environnementale.
    Tous les arbres abattus seront remplacés par un nombre équivalent de chênes verts de tailles variées et d’autres espèces d’essences méditerranéennes adaptées au contexte climatique et géologique local. Ce choix rejoint l’objectif de climax soutenu par le Parc des Calanques. Les arbres seront remplacés sur le site ET en périphérie du site.

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  7. Krieg claude

    Bravo superbe travail. Ne baisser pas les bras. Continuez votre travail d’inventaire plutôt très positif pour l’avenir de la belle Marseille

    Manque un aspect trop rarement évoqué… cette vie souterraine peuplée de rats, ça fait peur de voir tous ces bêtes courir le long des rues en pleine nuit.. un copain dératiseur professionnel me disais que quand on les voit, cela veut dire qu’il sont en surpopulation dans les sous sols ! Urgence

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  8. Krieg claude

    Bravo superbe travail. Ne baisser pas les bras. Continuez votre travail d’inventaire plutôt très positif pour l’avenir de la belle Marseille

    Manque un aspect trop rarement évoqué… cette vie souterraine peuplée de rats, ça fait peur de voir tous ces bêtes courir le long des rues en pleine nuit.. un copain dératiseur professionnel me disais que quand on les voit, cela veut dire qu’il sont en surpopulation dans les sous sols !

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  9. Merci Mathieu
    Pour tout et pour cet article.
    J’ai été séduite par cette ville et m’y suis attachée comme une baleine à son have de paix, comme une étrangère à son port. Je l’aime tout en paradoxe, et donc aussi parce qu’elle est différente, parce qu’elle me questionne, parce qu’elle m’énerve. Elle est porteuse d’un gène culturel résistant.
    Mais tu as raison, cette grande qualité ne doit pas se transformer en laxisme, en bordelisme, en potsdevinisme.
    On organise une action citoyenne en 2018 ?

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  10. Quand je suis arrivé à Marseille, j’avais découvert avec étonnement les chiffres de l’emploi, du chômage et des personnes au RMI/RSA. En bref un taux d’inactivité dans les étoiles et des salaires, ou revenus non salariaux, très bas. J’étais resté perplexe, durant mon séjour d’une année, devant les propositions pour sortir la ville de sa pauvreté.

    J’avoue que je suis tout aussi perplexe devant votre texte. Vous n’avez pas un mot sur le chapitre de l’économie. On peut bien faire une ville pimpante, ce sera comme pisser dans un violon si on n’a pas d’emploi et pas de revenu à proposer à ses habitants… Marseille semble n’avoir jamais remplacé l’ancienne économie de son port colonial par d’autres activités. On est resté dans des bricolages, sympathiques sans doute, mais n’offrant qu’un nombre d’emplois dérisoire. Où sont les entreprises employant x milliers de personnes ?

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    1. Encore une fois, ce texte n’a pas vocation à passer en revue l’ensemble des problèmes que connaît Marseille. Il faudrait écrire un livre ! Je m’attache surtout à la question urbanistique et je le fais en tant que simple citoyen. Mais je suis d’accord avec vous : la création d’emplois est centrale pour l’avenir de notre territoire… mais pour moi elle est aussi liée à tout ce que j’évoque au-dessus, notamment les transports.

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  11. Cardona

    Et les inégalités entre les quartiers ? Les marseillais sont concernées aussi par les écoles, les offres de loisirs et culturelles…et les piscines ouvertes en semaine pour les enfants dans certains quartiers….ils sont où ? J’ai le sentiment que le regard s’est arrêté à la Viste…
    Si j’aime l’analyse positive, la loupe a choisi sa géographie comme si certains quartiers étaient invisibles. C’est pourtant cela aussi Marseille, sa richesse et sa diversité, sa force et sa dureté. Ça me laisse un goût de marketing territorial dans la bouche…

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    1. Pierre-Alain, cette analyse ne se veut pas exhaustive, loin de là. Ma page Facebook s’intéresse surtout à l’urbanisme et aux projets d’aménagement. Je ne couvre pas tout car je n’en ai pas le temps. Il y a Marsactu pour ça. Cela dit, remontez le fil de ma page quand même. Vous y trouverez des choses qui vous intéresseront.

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  12. Sébastien

    Bravo Mathieu pour votre article mais ne perdez pas de vue le célèbre adage : les peuples ont les souverains qu’ils méritent et cela se vérifie d’autant plus dans une démocratie puisqu’on a le privilège de choisir nos élus. Leur immobilisme et leur clientélisme est malheureusement à l’image de la majorité de nous autres marseillais qui en façade nous plaignons mais en pratique nous complaisons de notre médiocrité et surtout de notre sacro-sainte voiture. Donc je suis comme vous : à la fois résolument optimiste et à la fois désabusé. Mais c’est d’un tsunami politique dont Marseille a besoin pour mettre le coup d’accélérateur dont elle a tant besoin. Je l’espère pour 2020 car la place est à prendre et nous avons un président Marseillophile, c’est suffisamment rare pour y voir un bon alignement des étoiles. Mais l’histoire de Marseille a souvent bégayé.

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  13. Je rentre tout juste d’une semaine passée à Marseille et je viens de lire avec grand intérêt votre article. A propos des « petites touches » que vous évoquez, il n’est pas du tout certain que le développement des stations de vélo en libre service soit si important que ça (en plus d’être couteux pour la collectivité). Le cercle vertueux pour les villes est partout le même : la lutte contre le stationnement anarchique et le non paiement du stationnement engendre une baisse du trafic automobile qui favorise à son tour le développement du vélo (ce qu’on appelle un « report modal »). A condition bien sûr d’offrir aussi du stationnement sécurisé aux propriétaires de vélo (et donc installer dans chaque rue une « bikebox » sur un emplacement de stationnement automobile).

    Marseille mérite assurément qu’on se batte pour elle !

    PS : j’ai publié ce matin sur mon blog un billet de compte-rendu (au prisme du vélo) de ma semaine marseillaise.

    Aimé par 1 personne

  14. Mateo

    Merci Mathieu pour cet article très intéressant. je constate avec tristesse que les élus locaux ne s’occupent de Marseille que quand ils se sentent menacés. Marseille paie très cher le maintien en poste d’un homme âgé, qui fonctionne selon un modèle dépassé, une politique de clientélisme et dont l’intérêt pour la ville ne se démontre qu’en période d’election.Mais ce n’est évidement pas le seul coupable et le reste de la classe politique locale ne fait pas mieux. Comme vous le dites cette ville a beaucoup d’atouts mais je ne suis pas sur qu’il soit possible de faire revenir les populations qui vivent dans certains quartiers protégés ou à Aix en Provence dans une ville ou l’insécurité augmente , ou la saleté et le délabrement des équipements publics et collectif est digne de pays sous développés et ou l’incivilité est la règle.Votre carte du réseau de transport démontre l’ampleur des dégâts de l’inaction passée et de l’exclusion d’une partie des populations.Il ne suffit pas non plus de faire bâtir un superbe musée tel que le MUCEM pour que les touristes utiles au développement de la ville viennent et surtout revienent. L’état de la ville, son ambiance , le sentiment de ne pas etre en securité ou de se faire arnaquer n’incitent pas à choisir Marseille. C’est dommage et si j’ai longtemps pensé m’y installer ce projet n’est plus d’actualité.

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  15. Pierre

    Votre ressenti sur Marseille est très intéressant et correspond à peut prêt au mien…..ou plutôt correspondait au mien au moment de mon arrivée dans cette ville il y a 10 ans. Aujourd hui le slogan local « Fier d etre marseillais » s’est mué en « honteux d être marseillais ». Je suis désolé d etre aussi abrupt. Moi aussi j ai cru un moment que cette ville pouvait avoir la force de se redresser. Mais aujourd’hui je n y crois plus du tout. Marseille est à la ramasse. Elle craque de toute part. Le chantier pour la redresser est impossible à mener. Non pas que la tâche soit immense (Et ce n est pas peu dire) mais cette ville souffre intrinsèquement d un seul mal qui la ronge : le clientélisme. Ici, c est simple, il suffit de garder ce mot en mémoire ou plutot de tout regarder sous l angle du clientélisme pour tout comprendre de son dysfonctionnement et du « Mais comment ont ils pu en arriver là « . Tout s explique quand on prend en compte cette idée néfaste de clientélisme. Et ce clientélisme n est pas que l apanage de la seule clique politique locale. Il est aussi très largement utilisé par la populasse du cru qui trouve dans ce bordel ambiant une occasion de pousser au paroxysme la notion de clientélisme. Des travaux de rénovation sont enfin décidés mais le résultat n est ni fait ni à a faire ? Bein évidemment, le copain du copain fraichement désigné , va rogner sur la qualite des matériaux. Va faire travailler toute une clique de branquignoles . Et sans crainte d être contrôlé. Evidemment qui irait contrôler son copain???du coup toutes les malfaçons qui pullulent dans cette ville trouvent une explication. Et c est pareil pour tout. Y compris pour les délais de réalisation qui ici se comptent en décennies.

    Et que dire de la populasse? Elle est à la bonne école ici. Des constructions et des rénovations non declarees. Du travail au black en veux tu en voilà. Des restaurateurs sur la place qui vous refourguent du poisson péché illégalement par des braconniers à la sortie des egouts de marseille en plein coeur du parc des calanques. Des marchands de sommeil qui refusent d entretenir leur taudis au point d en causer leur effondrement causant la mort de leurs locataires.
    Et au milieu de tout ça, toute une nébuleuse d assoces généralement bien gauchistes, melant allègrement zadistes , immigrationnistes, libertaires de tout poil usant a tort de l écriture inclusive, qui se complaît dans ce merdier, avec un seul mot d ordre : non à la gentrification. Non au retour des classes moyennes et supérieures (blanches) dans le centre ville. Avec au passage un sens aiguë de l intolérance envers ceux qui ne ressemblent pas à ceux qu’ elles defendent (voir a ce propos les slogans virulents des assoces qui font obstruction aux travaux de renovation de la plaine. Surtout ne rien changer dans la sociologie du centre ville). Avec ça c est sûr qu’ on n est pas prêts de sortir de cette situation de tiers monde nauséeux dans lequel se noye tout le centre ville marseillais.

    Et que dire des activistes syndicalistes ?Des perturbateurs endocriniens de 1er ordre notamment chez les éboueurs qui ont moneye leur fichu fini parti. Des dockers qui ont saborde leur outil de travail. Etc.

    Et au final, dans cette ville que certains se plaisent à décrire comme un modèle de multiculturalisme, on se retrouve en réalité dans un environnement fortement séparatiste, dans lequel deux Marseille se regardent en chien de faïence.

    Après tout ça (Et bien plus encore), je me suis résigné , à mon corps defendant , à l idée que la soupe est servie. Rien ne pourra changer la psychologie diabolique et suicidaire de cette ville. Ayant décidé de ne plus mettre les pieds dans le centre ville, j ai donc suivi le comportement de très nombreux marseillais, plus attachés à leur quartier qu au reste de la ville.

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    1. Bon eh bien, c’est abrupt en effet. Beaucoup d’éléments de votre analyse me semblent justes. Je n’irai pas sur le terrain des « populations blanches » qu’on empêcherait d’aller au centre ville ou sur l’écriture inclusive qui menace notre société car on sortirait du domaine de l’urbanisme et je crains qu’on ne soit pas d’accord. Mais oui, Marseille est rongée par le clientélisme et par l’incivisme. Et elle n’est pas aidée par ceux qui préfèrent que le ville reste coupée en deux et par ceux qui utilisent l’argument de la gentrification pour rejeter tous les projets d’aménagement en bloc.

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  16. Christian

    Je suppose que l’horrible nom américain « street art » désigne les non moins horribles tags que l’on trouve en abondance dans Marseille ?
    Si un frein n’est pas mis rapidement à ses « oeuvres d’art » les efforts de réhabilitations de certains quartier comme le Panier n’auront servi à rien.
    J’ai publié pas mal de photos de tags sur mon site masreille bordille.
    Les alentours du cours Julien sont par exemple entièrement saccagés.

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